EDITO : Halte au misérabilisme ambiant !

Voilà 35 jours que le gouvernement français a appuyé sur le bouton « pause », et ainsi confiné toute sa population pour une durée très franchement indéterminée. La faute du Covid-19, qui ne cesse de s’incruster dans de nombreux systèmes immunitaires. Mais disons le très honnêtement : le principal responsable est bien évidemment le citoyen qui n’a pas pu s’empêcher de sortir de chez lui à tout va, de se rendre dans des lieux publics pour claquer la bise à tout le monde (moi-même, j’ai agi sans percevoir les conséquences de mes actes, ne réalisant pas à quel point nous avions à faire à une sacré crise sanitaire).

Désormais, excepté pour les quelques âmes charitables qui continuent d’aller travailler pour continuer de faire vivre le pays, c’est l’hibernation pour tout le monde. Avec, tout de même, le droit de sortir pour aller faire ses courses, promener son chien, courir, ou se balader sur un temps et une distance restreinte.

Alors que cette situation pourrait laisser les gens profiter d’un peu de repos ou d’un temps pour se livrer à la création (comme produire un tv show sur-place, faire de la peinture, ranger son appartement selon les préceptes Feng Shui, ou même écrire un bouquin pour ceux qui savent encore aligner trois mots), chacun et chacune ne peut s’empêcher de se plaindre. La mégalomanie de l’être humain du 21e siècle éclate sur les réseaux sociaux, histoire de montrer qui a la vie la plus difficile parmi tous les petits malheureux qui ont de quoi se payer un compte Netflix et de quoi manger jusqu’à la fin du mois.

Dans tout cela j’ai une question qui me taraude : est- ce qu’on pense un peu aux milliers de personnes sur le territoire qui vivent dans la pauvreté et dont on fait semblant de s’occuper ? On en parle de ces sans-abris qui ont été verbalisés en plein dans les dents parce qu’ils n’ont pas leur foutue attestation et « ne respectent pas » le confinement ? On en parle de tous les flemmards qui ne bougent jamais de chez eux (non, la série télévisée Bloqués n’est pas une fiction) et qui aujourd’hui font croire que ne pas pouvoir mettre un pied dehors est un fléau ? Qu’en est-il également de ces infirmiers travaillant comme des fous furieux dans les hôpitaux, et qui ne toucheront qu’une pauvre prime pour leur dévouement, alors que cela fait des mois que le gouvernement leur urine dessus en pleine place publique ? Est-ce qu’on ne les oublie pas un peu, voire même carrément quand on se la joue « franchouillard mal loti » ? Dans quel monde vit-on ?

Cela fait des années qu’un tas d’entre nous ne rêve que d’une chose : faire un gros break et tout mettre sur off. Alors certes, la raison de ce confinement c’est cette pandémie avec tout ce qu’elle comporte de déplorable et dramatique, et une récession économique s’apprête à rappliquer. De nombreuses de petites entreprises et affaires sont en train de couler car leur trésorerie est au plus bas, ce qui n’est pas très réjouissant.

Par contre, pour tous ceux qui ne sont touchés par le virus ni de près, ni de loin, et qui vivent dans le confort, par pitité cessez de vous lamenter et profitez un peu de ce qui vous est accordé ! Je ne sais pas moi, par exemple, vous pouvez saisir cette occasion pour appeler tous ceux que vous zappez égoïstement dans la vie de tous les jours… Comme vos grands-parents, qui vivent avec le poste de télévision allumé 24h/24 et un téléphone poussiéreux, tant on ne prend pas une minute de notre précieux emploi du temps pour en faire retentir la sonnerie. Pensons aussi à ces nombreuses personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie, comme celle de Parkinson ou Alzheimer, et qui n’ont pas accès aux soins nécessaires pour pouvoir effleurer un semblant de quotidien normal.

Dernière suggestion : on a vu fleurir sur les réseaux sociaux des tonnes de challenges plus mièvres les uns que les autres, alors moi je vous en donne un solide ! Et si cette période de quarantaine, qui vous semble interminable, vous servait à faire éclore l’idée brillante d’une nouvelle start-up. « Les confinés d’aujourd’hui sont les entrepreneurs de demain », pas mal non ? Vous trouverez forcément un peu de créativité parmi les crottes de nez que vous astiquez jour et nuit tant l’ennui vous ronge. Et pour tous ceux qui vivent des cages à lapin et qui peuvent clairement devenir dingues en restant enfermés, offrez-vous une heure par jour pour aller courir ou ne serait-ce que marcher, pour respirer l’air frais et se revitaminer grâce à notre fidèle ami : le soleil.

Ah oui, j’oubliais avant de déguerpir : spéciale dédicace à tous ceux qui ont eu la brillante idée de jouer de la musique depuis leur balcon, histoire de faire partager leur talent aux voisins, ou encore à ceux qui organisent d’énormes blind-test, chacun religieusement à sa fenêtre. Vous êtes des bons !

Pauline.K

©cc/makeitmooove

 

 

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