EDITO : Les mentalités au sujet de l’avortement sont elles en train de changer ?

Suite aux menaces de grève des interruptions de grossesse de la part d’un syndicat des gynécologues en France, la question se pose : les mentalités au sujet de l’avortement sont elles en train de changer ?

Avant propos : cet édito n’incite aucune femme à avoir recours à l’avortement mais simplement à réfléchir sur le droit d’interrompre une grossesse dans chaque pays.

Dans une ère où les femmes commencent à se faire entendre, il faut dire qu’il était temps, certains de leurs droits fondamentaux menacent de disparaître. Il y a une quinzaine de jours, les députés de l’État de Géorgie ont voté une loi anti-avortement. C’est d’ailleurs la plus contraignante des États-Unis. Dès 6 semaines il est donc désormais impossible d’interrompre sa grossesse là-bas. Y compris en cas de viol ou d’inceste. Celui qui en est à l’origine, Brian Kemp, défend cette décision par son « attachement à la vie ». Mais, est-il au courant qu’au bout d’un mois et demi l’embryon ne mesure pas même un millimète ? Pouvons-nous dans ce cas là réellement parler d’un petit être humain avec deux bras et deux jambes ? Au sens du code pénal, évidemment que non. Quelques jours avant le Mississipi a également voté cette loi au nom culpabilisateur, la « loi du battement de coeur ». Ce qui est certain ? Donald Trump ne compte pas faire sortir ces États de leurs idées conservatrices et presque binaires. Rappelez-vous, début février, les propos glaçants du dirigeant des États-Unis. Il demandait au Congrès de voter une loi interdisant les avortements au dernier trimestre, y compris lorsque la grossesse menace la santé de la mère ou encore lorsque l’enfant n’est pas viable.

Il y a quelques jours, plus près de chez nous, en Espagne, mêmes propos grinçants pour la gent féminine. Adolfo Suárez Illana, le candidat espagnol numéro 2 de la droite populaire a lui aussi eu des propos qui ont amené au malaise. Pour lui « l’avortement est digne des hommes de Néandertal ». C’est son « goût pour la vie » qui lui fait avoir des mots si crus envers des femmes, qui elles, ont un coeur qui bat. Aucun débat à faire là dessus. Toujours en Espagne, plus inquiétant encore, des manifestations anti-IVG ont eu lieu à Madrid. Parmi les citoyens mobilisés, une infirmière était fière d’être là. Une infirmière ! Ce qui signifie que même les personnes du corps médical ne sont plus toutes des sources de confiance pour aider chaque femme. Elle clâmait « L’avortement devrait être interdit. Dès la conception il existe une vie indépendante de la mère et qui dispose de tous les droits » Cette vie dont elle parle, c’est une cellule, plus petite qu’un pépin de raisin. Et il faudrait donc, la faire passer prioritaire à la femme qui la porte. 

Et puis, en France, pays des droits de l’homme, désespoir absolu pour de nombreuses femmes ayant eu recours à l’avortement ou en ayant besoin. Des syndicats de gynécologie ont menacé de faire grève. Le docteur Bertrand de Rochambeau, président de l’un d’entre eux, refuse de pratiquer l’interruption de grossesse. Pourquoi ? « Nous ne sommes pas là pour retirer des vies. »

Mais ce qui est le plus curieux dans ces nombreux pays, tous très développés, et c’est peut-être ce qui est le plus effrayant d’ailleurs, c’est que ce ne sont que des hommes politiques qui prennent des décisions sur ces sujets. Peuvent-il parler à la place des femmes ? Bien qu’ils soient des fils, des pères, des époux. Sont-ils véritablement légitimes à pouvoir donner un avis qui aura des répercussions sur des milliers de femmes ?

Pauline Knaff 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s