« Les nouveaux chiens de garde » : une satire dénonciatrice du fonctionnement des médias

Dans leur documentaire, Gilles Barbastre et Yannick Kergoat mettent un coup de projecteur sur les différentes coalitions méconnues entre le monde des médias, de la politique et des grosses entreprises.

 

Le ton de ce documentaire est assez particulier. Il prend des airs tantôt d’enquête, tantôt de reportage et décortique avec ironie et sarcasme les moindres parcelles du monde des médias indépendants. Ponctué par l’intervention d’experts (économistes, sociologues, journalistes…), il met non seulement l’accent sur les paradoxes entre la prétendue déontologie journalistique des médias et ses acteurs financiers, mais aussi sur l’historique de cette évolution depuis la création de l’ORTF.

L’audace est de mise tout le long du film ne serait-ce qu’avec le choix du style de montage. Même si la vocation du documentaire est clairement dénonciatrice, les deux réalisateurs se jouent des énormités que l’on observe dans la presse audiovisuelle et écrite pour les mettent en lumière de manière ludique. On souligne par exemple, les quelques intermèdes du documentaire où les associations entre les différentes images d’archives peuvent clairement être affiliées aux techniques implicitement explicites que comportent les formats de zapping satiriques. Un caractère ouvertement moqueur, qui prête sans doute à sourire au premier abord, mais qui aide aussi le spectateur à ne pas se noyer dans les marasmes d’explications trop théoriques et rébarbatives de cette thématique relativement complexe, finalement c’est plutôt fin.

les-nouveaux-chiens-de-garde-22821-2027096479-1

La dénonciation capitalisme médiatique

    L’un des aspects sur lequel « Les nouveaux chiens de garde » attire particulièrement l’attention en un focus, est l’expansion du capitalisme. En exemple, on peut citer la notoriété de certains journalistes et ses dérives. On parle ici de vedettes de la profession – reconnus justement pour leur professionnalisme – sollicités par des grandes marques pour animer leurs évènements et/ou placer certains produits. Où est le mal ? Après tout, chacun est libre de faire ce qu’il lui plaît. Cela dit, que penser du sentiment de confiance qui se retrouve mis à l’épreuve par ce phénomène ? Pour les journalistes qui se considèrent comme acteurs du contre-pouvoir que seraient les médias, n’y a-t-il pas là conflit d’intérêt ?

Au fil du film on comprend que ce genre d’ « anomalie » ne rejoint qu’un seul et même élément aujourd’hui incontournable : la majeure partie de la presse (journaux, radios et télévision) appartiennent ou sont sous la coupe de grands groupes industriels et financiers intimement liés au pouvoir. De là, tout le fonctionnement du monde de l’information se trouve quelque part biaisé et à différents niveaux. Même si cette idée est de plus en plus répandue, les tenants et les aboutissants restent souvent mal compris, car ils restent cachés ou difficiles à entendre. Là où le film fait fort, c’est qu’il parvient à simplifier tous ces liens, en rassemblant et reconstituant le puzzle pour en faciliter la compréhension.

Nawal.B

Regarder le film en entier : 

 

©cc/googleimages

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s