EDITO : L’être humain est fascinant

L’être humain est fascinant. Il est toujours remarquablement intéressant d’observer comment sa faculté à faire l’impasse sur ce qui est dérangeant est impressionnante, de même que celle à composer avec les plus grands paradoxes. Je n’ai hélas pas les qualifications adéquates pour apporter les réponses à l’interrogation, cela dit, apporter une once d’un regard tantôt ironique, amusé ou admiratif pour illustrer mon propos devrait être accessible.

Il y a quelques jours, Paris, capitale de la mode devant l’Éternel, accueillait la fashion week (semaine de la mode si vous êtes frenchie ou québécois), où le gratin mondain s’est, bien-sûr, empressé de venir découvrir les nouvelles collections de leur créateur de mode favori. Au même moment, les gilets jaunes continuaient leur lutte en opposition au gouvernement français jugé trop capitaliste. On rappelle que les revendications sont principalement axées autour d’un pouvoir d’achat trop faible pour les ménages de l’hexagone, et une volonté de gouvernance plus citoyenne.

Les rues de Paris se sont alors retrouvées jonchées des meilleurs looks (tout est relatif, parce que pendant la fashion week, les gens se lâchent parfois un peu trop), et de ceux qui arboraient avec panache leur gilet jaune et un bandeau à l’œil en hommage à leurs comparses éborgnés lors des derniers rassemblements. C’est peut-être ça le less is more dont parlait Coco Chanel, allez savoir ! Questions : mais est-ce que ce n’est pas un peu insolent de célébrer le nec plus utra de la mode (donc forcément des étoffes rares, une créativité exacerbée et les prix mirobolants qui vont avec), alors que la France est si mal en point d’un aspect sociétal ? On retourne notre veste (jeu de mot fashionable) et on regarde du côté des modeux : « La présence de ce mouvement, et d’un climat d’hostilité vis-à-vis de ce qui représente une élite, ne dénature pas la beauté de ce que propose la fashion week ? ».

Alors pas de panique, puisque finalement on est aussi capables de composer avec ce qui paraît impossible. À l’image de la marinière de Jean-Paul Gaultier ou du bleu de travail de Saint-Laurent, le gilet jaune pourrait très bien devenir, lui aussi, l’emblème d’une condition sociale qui aura droit à une collection de haute couture lui rendant hommage sur les futurs podiums… D’ailleurs, ça a peut-être déjà commencé : la tendance de ce printemps semble être le jaune et le vert fluo, avec des touches de bandes réfléchissantes…

Nawal Benali

   

 

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