EDITO : Quoi de neuf pour cette nouvelle année ?

   2019 commence sans réelle rupture avec l’année précédente. Tout est allé très vite dès l’automne. Entre le Festival International de la mode en Afrique dans le Sahara occidental en fin novembre, la reprise du travail le jour suivant et les préparatifs pour les fêtes de fin d’année, tout se succède avec une temporalité qui paraît accélérée. Zéro transition plus tard et c’est reparti pour un voyage en Afrique, cette fois au Sénégal aux premiers jours de janvier.

   Pas le temps de faire le tri entre toutes les informations accumulées. Trop d’évènements, de nouvelles rencontres et de découvertes s’enchaînent sans temps de recul. Pourtant il n’en faut pas trop, juste un jour par-ci par-là, histoire de réaliser… Enfin, de quoi je me plains ? Les créations et les couleurs des défilés du FIMA parsèment encore fraîchement les volutes de ma mémoire, tandis que je rentre tout juste de Dakar et ses rues ensablées.

   De retour à Paris dans ses fiers 5 degrés et sa grisaille quasi-légendaire, je parcours les images, les sonorités et les sensations amassées. « Okay, on va essayer de se concentrer et de reprendre tout dans l’ordre chronologique, ça sera sûrement plus simple. ». Un week-end avant de reprendre le cours d’une vie dans la capitale au rythme effréné : est-ce suffisant pour repasser ces pans de vie en revue et en extraire l’essence ? Il faut trouver le temps, mais surtout les mots. Quelle vie ! (Genre j’ai une vie de malade ! Non mais vous allez comprendre.) Parfois j’ai l’impression qu’elle va beaucoup trop vite pour moi… Mais quelque part je me dis que rien n’arrive par hasard et que chaque laps de temps est propice à l’éclosion d’une chose bien précise. Encore faut-il s’écouter… (Ah ça y est : j’entends l’appel de l’écriture. Ça tombe bien, j’ai mon ordinateur dans mon sac. Let’s go !) Attablée au Starbucks avenue de Wagram à deux pas des Champs Élysées, j’écris cet édito en « one-shot » sans trop même savoir où il me mène. À vrai dire je m’en fiche, je sais que le chemin est sans doute plus intéressant que la destination.

   Mon esprit flânant dans l’imprévisible de la formulation de mes pensées, je contemple 2018 accompagnée des saveurs d’un mocha blanc au lait d’amende, dont l’arôme reste sur la langue en attendant la prochaine gorgée. Un petit plaisir que je m’accorde et qui me paraît faire partie de mon équilibre au quotidien. C’est nul dit comme ça, mais ça me fait supporter le climat, l’ambiance et le manque de sommeil de cette vie parisienne qui consume la vitalité. Ou pas, finalement. En vrai, je me rends compte que je m’en fiche !  J’étais aussi bien à mon aise dans la chaleur saharienne du Maroc, à discuter dans un français tantôt « haoussatisé » ou « arabisé » avec des artisans bijoutiers touaregs, ou à interviewer les danseurs hip-hop du Sénégal comme si on se connaissait depuis des lustres, alors qu’on venait de se rencontrer. Trois voyages en Afrique en peu de temps (Sénégal en juillet, Sahara occidental en novembre, et encore le Sénégal en début janvier avec un départ pour la Tunisie dans quelques semaines) :  ça ouvre d’autres canaux de conscience et d’inspiration, surtout lorsque les motifs des déplacements sont des évènements artistiques où le talent, l’ingéniosité et les prouesses sont aussi saisissants, que poignants et ce même dans les moments les plus inattendus. Loin du petit confort européen, on s’exporte non-seulement physiquement dans la dimension de l’autre, mais on épouse aussi un mode de vie pour quelques heures, quelques jours… Et alors quoi ? On redéfinit sa notion de ce que « se sentir bien » signifie : barrière de la langue, repères inexistants, nouvelle culture, autre histoire, nouvelles personnes. L’idée, quand on débarque dans l’inconnu, c’est de réussir à être à son aise partout, sans s’attendre à ce qu’on nous facilite la tâche. L’aisance absolue est un exil de soi, et si on y parvient, les sensations n’en sont que plus intenses.

    C’est pour cette raison que trouver les termes adéquats est un exercice particulièrement ardu. Si je devais résumer je dirais que c’était une succession de découvertes et de révélations, activés par la beauté des manifestations (et ses acteurs) auxquelles j’ai pu assister, et reliées par un élément : le lâcher-prise. Être là à 100%, s’ancrer dans l’instant pour capter les petits détails desquels émanent une richesse, un savoir, ou un apprentissage ou encore une émotion d’une beauté inestimable : voilà le secret. Sinon qu’est-ce qu’on retient ? Et encore plus important : qu’est-ce qu’on écrit ?

    Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle a pas mal bougé cette année 2018 ! Et au lieu de prendre des résolutions comme on suggère de le faire (on sait qu’on les tient que deux mois max !), je préfère me contenter d’adresser un mot à tout ce, et ceux qui ont rendu ces 365 jours splendides : MERCI !

 Nawal Benali

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