Franqey livre ses impressions sur les danseurs sénégalais : « Je viens avec l’humilité d’apprendre »

Un tel croisement artistique se raconte. Entre les danseurs locaux et le Français, s’est opérée une hasardeuse rencontre, riche en sensations. Au détour de quelques questions, on entre de manière plus approfondie dans le sujet avec Franqey.

Même si on vient pour enseigner on apprend. En vérité, on pourrait tout résumer par cette phrase. Quoique, on tempère avec une nuance : ça se produit lorsqu’on possède la modestie et le courage requis à ce presque abandon de soi à la découverte. C’est là qu’on entre dans un autre registre de la transmission, là où l’unilatéralité n’a pas sa place.  Ce qui est certain, c’est que rien n’était pingre dans les échanges observés lors du One Discover de Dakar. Comment vous expliquer ? On aurait tendance à dire que c’est plus quelque chose à vivre, qu’à lire, mais on a pris connaissance des quelques pensées de Franqey sur la question, alors on se prête à l’exercice et on va essayer de vous délivrer un aperçu de ladite sensation.

 

Le premier contact lors de la cérémonie d’ouverture du festival, était déjà teinté d’un éminent augure artistique. Discret, Franqey avait alors souligné son contentement devant le spectacle qu’offraient les danseurs, toutes catégories confondues, et ce, même après un premier workshop donné : « Au début j’ai vu qu’ils étaient timides et ils n’étaient pas prêts quand je leur ai demandé ce qu’ils voulaient que je leur montre. Mais en vrai, après ce que j’ai vu le premier jour, je me suis dit que le mieux que je pouvais leur donner, c’est du soutien dans ce qu’ils font déjà. En gros j’avais envie de leur dire : « C’est bon les gars, vous êtes sur le bon chemin ! Vous avez pas besoin de prendre de cours. » ».

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« Il ne faut pas avoir l’esprit colonisateur »

 

Si beaucoup ont confié, subjugués, leur joie de voir le poppeur à Dakar, la plupart ne se rendront surement pas compte de l’effet qu’ils ont eux aussi, produit sur lui. En même temps, là-bas, l’art vit comme une brise insufflée en chacun des êtres, et rejaillit sous les formes qu’en façonnent les inspirés. Difficile pour un occidental d’y être insensible tellement, sa présence est ambiante et aux antipodes des codes artistiques institutionnalisés en Europe. Et pourtant, il n’y a rien de plus normal pour les locaux. D’ailleurs, rien de tout ça n’a échappé à l’œil curieux de Franqey, qui s’anime au rythme des surprises articulées par les prouesses des danseurs : « Je viens avec un regard neuf et je suis prêt à tout recevoir. J’aime vivre les choses à fond et pour moi, la meilleure façon d’aller chercher les gens c’est de vivre avec eux. J’apprends sur ma pédagogie, parce que je dois constamment m’adapter à la psychologie de l’autre. Et là, c’est vraiment différent de ce que j’ai l’habitude de faire. Les danseurs, ce qu’ils donnent ici, c’est juste ouf. »

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Le festival suit son cours sur une semaine, et entre cyphers, sessions et battles, la danse est à son paroxysme au centre culturel Blaise Senghor. Tout en force, intensité ou subtilité : la spontanéité du mouvement se mêle à une musicalité innée. L’instinct domine et habite les danseurs, qui propagent sans compter l’essence même de ce qu’est la danse. Une énergie rare parcourt les corps qui jonglent, habiles, entre ces pulsions instinctives et la sophistication de constructions, toujours dosées avec parcimonie. L’ensemble est percutant. C’est impressionné par le sens artistique brut des danseurs sénégalais, que Franqey poursuit : « Quand tu les vois comme ça, dans le partage, le vrai kiff de la danse, tu ne peux pas venir ici avec la grosse tête. En fait il ne faut pas avoir l’esprit colonisateur, je ne veux pas les influencer. C’est ma première fois au Sénégal et je viens avec l’humilité d’apprendre. En fait j’ai juste envie qu’ils se rendent compte de la richesse de leur danse, et en vrai je peux leur montrer plein de choses, mais il faut juste qu’ils se laissent influencer par leur culture à eux. Le truc, ils l’ont déjà. ».

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Tout est clair. Les perceptions de l’art on beau diverger en fonction des cultures et des contrées, la sincérité saura toujours sublimer les germes fertiles de la créativité, en leur donnant un sens. Le One Discover s’achève, et à l’aube du départ du pays de la Teranga, qu’est-ce qu’on retient ? On laisse le dernier mot à Franqey : « Que de superlatifs ! Être ici, c’est vraiment enrichissant. Et puis tu redescends vite sur terre : tu réajustes les choses au niveau des vraies valeurs. En tout cas je suis vraiment bluffé devant tant de générosité et de partage à l’état pur. ».

Nawal.B

©cc/bijoularose

 

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