Camron One Shot au One Discover de Dakar : « Et les danseurs, ils en pensent quoi ? »

On s’en rappelle : le One Discover accueillait entre autres, le danseur Camron One Shot à l’occasion d’une semaine de festival. Une présence qui semble avoir marqué les esprits auprès des adeptes sénégalais de la dancehall. On donne cette fois la parole aux principaux intéressés…

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  Les réponses s’amorcent timidement : c’est la surprise qui domine au début. En tout cas c’est le point le plus irréfutable qui émerge, lorsqu’on on survole d’un premier abord la réaction non-verbale des danseurs. Quoi de plus normal ? Après tout Camron à Dakar, c’est une présence impromptue, bien qu’annoncée. Quelques péripéties de dernière minute… « Sera-t-il vraiment de la partie ? » : une interrogation tenue en suspens jusqu’au dernier moment. Car oui, le premier jour du One Discover se consume, par une ouverture lors de laquelle la danse se fait l’interprète des enthousiastes, mais pourtant, aucune de trace de Camron dans les parages. C’est seulement le deuxième jour qu’il débarque dans l’enceinte du centre culturel Blaise Senghor, pour se joindre aux autres danseurs lors d’une première matinée de workshops. Donc forcément, pas de rencontre au préalable, on rentre direct dans le vif du sujet : la danse.

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  Alors comment vous dire que Camron One Shot, c’est un peu « the personnage incontournable » dans le milieu de la dancehall française. Du coup, classique : on se dit que dans ce genre de festival international, on va obligatoirement aller demander aux intervenants ce qu’ils pensent de leur expérience, auprès de ce nouveau public, dans un pays qui leur reste à découvrir, bla bla bla : on connaît la chanson, ça va deux minutes. Bon okay : on se confesse… on l’a fait. Mais prenons les choses avec un autre regard, voulez-vous ? Et si les protagonistes étaient ceux qui se font les hôtes actifs de la manifestation ? Allez, on change de bord et on va à la rencontre de ceux qui transpirent, ici, la dancehall par tous leurs pores, histoire de savoir ce qu’eux ont à raconter…

« Quand j’ai appris que Camron allait venir au Sénégal j’étais ébloui… C’est quand même un des meilleurs danseurs de dancehall au monde alors je me suis dit que j’allais donner le meilleur de moi-même lors de son séjour pour lui montrer qu’ici on est passionnés. Ses workshops m’ont permis d’avoir une nouvelle expérience et une autre ouverture dans ma danse mais aussi de rectifier pas mal de défauts.  En fait on a partagé beaucoup de choses, malgré la barrière de la langue. On a beaucoup échangé, déliré et ce qui ressort de tout ça c’est quelque chose de très motivant pour la suite. Franchement, je ne peux qu’être content. » Mame Gorgui Sy

« Pour tous les danseurs présents lors des workshops de Camron, ça représentait beaucoup de choses. Non seulement on a appris ce qu’on ignorait sur l’histoire de la dancehall, mais on a capté les bases et comment les développer. En plus c’était beau de voir tous les danseurs réunis à cette occasion avec le meilleur de leur énergie. Je dirais avec le recul, que je retire pas mal l’élements que je ne soupçonnais pas, comme le fait qu’en vrai on peut danser la dancehall partout. Maintenant j’ai adopté une autre vision de ma propre danse. » Ablaye Assi Cissé

« J’étais choqué quand j’ai appris que Camron One Shot allait venir à Dakar parce que le rencontrer était justement l’un de mes objectifs en tant que danseur. Participer à ses workshops m’a procuré beaucoup de plaisir notamment parce que j’en ressors avec une perception nouvelle. En plus c’est la première fois que j’assiste à un workshop de dancehall alors j’étais vraiment content, parce qu’on n’a jamais eu l’occasion de recevoir un danseur international dans cette discipline.  Ce qui est bien c’est que j’ai aussi beaucoup appris sur la manière dont fonctionne l’enseignement au niveau de la danse. En tout cas ça me tenait à cœur de lui montrer qu’ici il y a du talent et qu’on aime vraiment ce qu’on fait. D’ailleurs depuis sa venue, j’ai augmenté la part de temps où je m’entraîne, je suis encore plus appliqué parce qu’il a vraiment sû nous motiver encore plus : seul le travail paye ! » Mamadou Lamarana Barry

 

Nawal.B / Propos recueillis et traduits du wolof par Daniel Faye

©cc/bijoularose

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