On parle dancehall au Sénégal avec Camron One Shot : « J’ai eu un choc en live quand j’ai vu les danseurs ! Trop de flow !»

Bam, bam, bam ! Camron One Shot nous livre aujourd’hui ses impressions sur ce qu’il a observé lors de sa participation en tant que guest, lors du Festival One Discover de Dakar. Et avec un programme qui oscille entre workshops, sessions, tournage de vidéos et battle, il y a des choses à raconter ! 

 

   À en croire ses dires, rien de tout ce qui s’est passé n’aurait pût être pensé au préalable : « Je t’avoue que quand on m’a invité beaucoup de choses ont été faites au dernier moment alors j’avais du mal à me projeter. Mes workshops j’ai l’habitude de les préparer en amont mais là, je n’avais rien prévu : tout s’est joué au feeling, une ou deux heures avant de donner cours. », explique le danseur. Au feeling donc ? À en voir le résultat, est-ce que finalement ce n’était pas la meilleure option pour faire du sur-mesure ? Une immersion totale dans la dancehall telle qu’elle est vécue dans la capitale sénégalaise, n’est-ce pas là une authentique proposition de redécouverte de la discipline ?

  Malgré quelques imprévus d’organisation, les moments dédiés à l’apprentissage et au partage restent nombreux, même lorsqu’ils sont totalement improvisés. Un point est indéniable : le courant passe, et très vite, une sphère est créée entre ceux qui s’expriment autour de cette même danse. C’est touché et le sourire aux lèvres que Camron évoque ses ressentis et premières impressions, lors de sa rencontre avec la communauté dancehall, au centre culturel Blaise Senghor : « J’ai eu un choc en live quand j’ai vu les danseurs ! Trop de flow ! On a fait plusieurs sessions et j’ai vu que ça envoyait du lourd pendant les passages. Ils ont une énergie de dingue ! ». Impressionné par une telle passion, dévorante pour la plupart des jeunes, qui finalement de possèdent pas tous les éléments du public qui assistent habituellement à ses workshops, il poursuit : « Quand je les regarde, ça me touche parce que je me revois avant. Quand j’ai commencé, j’étais comme eux, moi aussi je voulais danser mais je n’avais pas accès à toutes les informations qu’on peut avoir aujourd’hui. Alors ça me fait quelque chose… ».

 

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« Ça fait plus de dix ans que je voyage un peu partout pour donner des workshops, et quand on vit des choses comme ici, on se rend compte que c’est toujours un plaisir et un honneur »

 

  La conversation avec Camron évolue, pour prendre une nouvelle direction, peut-être un brin plus profonde. L’expression se fait sans doute moins expansive, mais gagne en intensité. On aurait presque l’impression que les sensations sont ici comme décuplées… Comme si il y avait l’omnipotence d’un je ne sais quoi qui s’empare des âmes, les forçant à s’ancrer dans l’instant et vivre jusqu’à l’épuisement : « Ce qu’on a partagé, c’est juste ouf ! Parce qu’on s’est beaucoup rapprochés, et on a très vite ressenti une véritable connexion. Quand on a tourné les vidéos il y avait tellement de bonnes vibes, on était là en train de freestyler en pleine rue, et exploser de rire tous ensemble sur des mouv’. Je ne sais pas comment le décrire ! On était tous ensemble, dehors, il y avait les gens autour, les enfants… C’était réel et sincère, un enjaillement tel qu’il pousse à toujours se surpasser même si je ne te cache pas qu’il y avait la fatigue qui commençait à venir ! », confie le danseur.

   Les jours s’enchaînent et on arrive bientôt au moment du départ. À la fin du festival, qu’est-ce qu’on retient de cette découverte ?  Visiblement le positif est à retenir en termes de danse, et c’est d’ailleurs ce sur quoi notre interlocuteur met l’accent lorsqu’on lui pose la question : « J’ai vraiment un très grand respect pour les danseurs d’ici et ce qu’ils font. En plus ils sont tellement chaleureux, tellement généreux, ils donnent une force incroyable, c’est vraiment quelque chose qui transcende. En face d’eux j’ai juste envie de partager encore plus !».

    Une dernière pensée à formuler Camron ? « Venir en Afrique, c’est déjà quelque chose qui me tient beaucoup à cœur, comme un besoin. Et maintenant ça fait plus de dix ans que je voyage un peu partout pour donner des workshops, et quand on vit des choses comme ici, on se rend compte que c’est toujours un plaisir et un honneur… Ah oui ! Et on mange super bien au Sénégal ! Je sais qu’il n’y a aucun rapport mais je voulais le dire ! ».

 

Nawal.B

©cc/maraboutphotography

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