Sonikem : « Je n’attends pas, je fais ! »

   La polyvalence aurait elle-même du mal à savoir où donner de la tête. Sonikem c’est un dj, MC, beatmaker, rédacteur en chef, photographe, organisateur d’évènements, mais surtout un esprit d’entreprise à toute épreuve. C’est d’ailleurs ce qui l’anime au quotidien, et comme il aime le dire lui-même : « Je n’attends pas, je fais ! ».

Make it mooove : Salut, on te connait sous ton nom d’artiste « Sonikem », si tu commençais par nous expliquer d’où il te vient ?

Sonikem : En fait ça me vient du rap. Quand j’ai commencé il fallait que je trouve un nom d’artiste alors j’ai cherché (rires). Du coup c’est la compression de deux choses : « sonique » par rapport au son et « M » qui est la première lettre de mon nom de famille. À la base c’était Sonik.M mais tout le monde disait « Sonikem » et puis comme j’aimais bien le rappeur Shurik’n des IAM… Sonikem, Shurik’n ? Finalement j’y ai trouvé une sorte de petite analogie… (rires)

 Justement parlons un peu du rap. On t’entend et on te voit beaucoup par rapport à tout ce que tu fais au niveau des soirées, des battles, et à Blender Book Magazine, mais tu es plus discret sur ton côté MC. Pourquoi ?

C’est parce que le rap a été une grosse partie de ma vie, ça l’est toujours d’ailleurs, mais il arrive un moment où il faut faire des choix artistiques dans sa carrière. J’ai sorti un album en 2008, je faisais du Hip-Hop/Jazz, et j’ai enchaîné pendant presque deux ans les tournées avec mes musiciens, et en organisant des festivals, mais contrairement à ce qu’on croit le rap ça fait pas manger. Comme j’étais dj en même temps, j’ai préféré m’y consacrer plus, parce que c’est simple : t’es dj, tu mixes, on te paye. Alors que quand tu es rappeur, on te donne l’opportunité de te produire sur scène, donc on ne te paye pas. Bien sûr, je continue mes projets, mais plus par passion.

Sonikem

En plus du rap, tu composes toi-même tes prods. Ça ajoute une corde de plus à ton arc. À quel moment tu t’es dit : « Je vais être beatmaker » et pourquoi ?

 S : Tout simplement parce que j’en ai eu marre de chercher des prods (rires). En fait ça m’est venu quand je rappais et que j’étais confronté à des beatmakers indépendants à qui je proposais de collaborer. Les mecs ils sont là, à te demander 300 euros, voire plus, pour une instru. Là on se dit : « Okay donc je te paye, mais vu que je suis artiste moi aussi tu me payes, du coup nos additions s’annulent, alors viens on collabore et on se fait notre argent ensemble. ». Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça dans le game, et les rappeurs sont les dindons de la farce. Ça m’est aussi venu du fait que, par exemple aux États-Unis, les rappeurs travaillent avec les compositeurs, il y a une vraie démarche artistique. Ici, ce n’est souvent pas le cas et c’est ça qui m’énerve. Du coup j’ai commencé il y a deux ans, je me suis dit : « Je suis dj, j’ai un bon feeling musical, j’ai travaillé avec des musiciens pendant longtemps », alors je l’ai fait.

 

« Si les choses ne se font pas, je saute en l’air »

A quel moment tu t’es mis à organiser tes propres évènements et entreprendre beaucoup de choses ? 

Depuis le début ! En fait moi je suis de la banlieue parisienne, et à l’époque, il n’y avait rien. Donc quand j’ai commencé à rapper, j’ai monté des scènes où j’invitais les rappeurs à se produire. Il n’y avait pas beaucoup d’opportunités alors ça venait de toute la France. C’est simple, je me suis dit que je n’allais pas attendre qu’on me donne ma chance, alors je créais mes évènements, et je montais sur scène. C’est moi qui terminais les concerts, c’était le bordel. C’était cool ! (rires)

736809_10151259006643687_910366671_o

D’où te vient ce côté entrepreneur ?

J’aime pas galérer, je peux pas ! (rires) Je me rappelle quand j’étais jeune à la cité, mes potes disaient tout le temps « Ouais, mais Soni il est tout le temps en train de prendre le train ». Le matin je passais pour aller à la gare ils étaient là, et le soir en rentrant par le dernier train, ils étaient toujours là. C’est chaud ! (rires) Après quand j’étais petit, j’étais hyperactif donc il doit y avoir de ça… Mais si les choses ne se font pas, moi je saute en l’air : il faut faire quelque chose.

Alors comment on passe de MC /Organisateur d’évènements/Dj à rédacteur en chef d’un magazine ?

C’est comme tout le reste : je ne me suis jamais dit que j’allais me lancer dans la presse ! (rires) En fait à l’époque où je faisais du roller j’ai rencontré le rédacteur en chef d’un magazine des sports extrêmes qui m’a remarqué. Il m’a invité à mixer pour ses évènements et finalement je faisais un peu partie de l’équipe. De fil en aiguille il m’a demandé d’écrire des petits articles pour lui sur la musique. Le directeur de la maison d’édition m’a vu et m’a proposé d’écrire pour un magazine de basket. Suite de quoi, j’ai créé mon premier magazine sur le street basket, j’ai enchaîné en en créant plusieurs autres. Un jour j’en suis arrivé à monter ma propre maison d’édition, et par la suite  Blender Book Magazine.

Est-ce que tu peux nous parler de Blender Book Magazine ? Et comment est-ce que tu comptes le développer dans l’avenir ?

Alors ça fait sept ans que j’ai créé Blender. C’est un magazine imprimé d’art, de mode, et de culture alternative. J’ai décidé il y a un an de le mettre sur les réseaux sociaux parce que l’impression revenait vraiment cher. Donc j’ai lancé le site internet, et en septembre dernier j’ai mis en place le concept des interviews en ligne. Là on va laisser tomber le format imprimé pour privilégier sa version web. Le projet, c’est de sortir un livre qui paraîtra une fois par an, et qui parlera des personnalités qui vont faire l’année à suivre. Donc avec un rôle de précurseur. Sinon on s’est associés à un concept store pour lancer une version light de Blender, 100% mode.

Dans ta manière d’exposer tes projets depuis le départ, on sent une envie de transmettre, mais surtout de laisser des traces écrites à propos de la culture urbaine. C’est le cas ?

Oui parce que les évènements c’est bien mais c’est du one shot. Et en dehors de ça, qu’est-ce qu’il reste ? Moi je veux que dans dix ans, si une tierce personne se demande ce qui a été fait dans le monde du Hip-Hop, elle puisse trouver des ouvrages, des livres dans lesquels tout est expliqué. J’ai envie d’être le témoin d’une époque et de montrer ce qui se passait quand j’étais là. Pour l’instant mes livres sont plus à 70% photo et 30% écriture, mais quand j’aurais un peu plus de temps de cerveau disponible, je compte bien faire quelque chose de plus écrit où je raconte vraiment ce que j’ai pu voir par mon expérience.

Le but de tout ce que tu entreprends c’est de mettre à la l’initiative de projets, de médias des personnes actrices et légitimes de la sphère Hip-Hop et de diffuser cette culture ?

Oui c’est ça. J’ai été amené à travailler par exemple, chez Skyrock, chez Générations ou NRJ et j’ai très bien vu que ce ne sont pas du tout des personnes Hip-Hop qui gèrent ça. En France on manque d’entrepreneurs comme les P.Diddy, Jay-Z ou Beyoncé qui oeuvrent pour la culture Hip-Hop. Alors j’essaye de monter des projets et de collaborer avec des personnes qui seront à même d’y apporter une vraie légitimité.

Sonikem, merci pour toutes tes réponses. As-tu un dernier mot ?

Tapez Sonikem sur google, vous trouverez tout ce que je fais ! (rires)

 

Si vous êtes intéressés par les actualités et évènements de Sonikem, rejoignez-le sur les réseaux sociaux :

Facebook : Sonikem Official  / BLENDER BOOKMAGAZINE / Instagram : sonikem / blender_bookmagazine

Nawal.B 

©cc/sonikem

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s